Que faire cet été à Hyères, Porquerolles et Toulon ?

Ah ! La Côte d'Azur, sa vie nocturne et son farniente, son eau transparente et ses palmiers... Si jamais vous vous ennuyez cet été entre deux plongeons, voici de quoi faire un break culturel. À bon entendeur !

De passage sur la Côte d’Azur cet été ? Voici un best-of des expositions à ne pas manquer à Porquerolles, Hyères et Toulon, découvertes par IDEAT lors du festival Design Parade 2024. Suivez le guide.


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Explosion de couleurs à l’Hôtel des Arts de Toulon

Jean-Pierre Blanc himself le remarquait fin juin, à l’occasion de Design Parade 2024 : cette année, beaucoup d’expositions tournent autour de la couleur. Premier arrêt à Toulon, à l’Hôtel des Arts, situé à quelques sauts de puce de la gare, qui accueille jusqu’au 3 novembre « Remix », la troisième édition des « aliénés du Mobilier National », programme initié en 2019 par l’institution, donnant la possibilité à des designers de revisiter des pièces sans valeur issues de leurs collections.

L’Hôtel des Arts de Toulon transformé en théâtre par Paul Bonlarron à l’occasion de l’exposition « Remix ». © Luc Bertrand
L’Hôtel des Arts de Toulon transformé en théâtre par Paul Bonlarron à l’occasion de l’exposition « Remix ». © Luc Bertrand

Grâce à la scénographie de Paul Bonlarron et au sublime bâtiment – dont la façade a été habillée par Alexandre Benjamin Navet – , les meubles « aliénés » prennent vie et l’événement prend une nouvelle ampleur. En effet, le lauréat du prix Mobilier national de la Design Parade 2022 a transformé le lieu en « un petit théâtre des métamorphoses » aux rideaux à carreaux arlequin pastel, associant chacune des salles à une pièce à vivre et parfois même à une couleur. Ainsi, le visiteur se perd dans le « salon solaire » jaune bouton d’or, la « chambre blanc-de-lin » immaculée ou encore la « bibliothèque verre-de-lierre » vert forêt.

Parmi les objets à admirer, on retient notamment le lit Helena à barreaux de Marie et Alexandre (finalistes de Design Parade Hyères 2018), la suspension Emphasizing Silence de Léo Fourdrinier, qui a transformé un lustre du XIXe siècle en luminaire-sabre laser, et le paravent quatre feuilles de style Louis XVI Southern skies, leather lies de Voto XO, le duo formé par Madeleine Oltra et Angelo de Taisne, enfants prodiges et lauréats du Grand prix Design Parade Toulon en 2022, remixé à la sauce cowboy façon « Western Bouillabaisse », l’équivalent sudiste des westerns spaghetti.

> Exposition « Remix », jusqu’au 3 novembre 2024 à l’Hôtel des Arts TPM, 236 boulevard Marechal Leclerc, Toulon


À Hyères, la Villa Noailles dans tous ses états

À Hyères aussi, la couleur bat son plein. À la Villa Noailles, Fabien Cappello, président du jury de cette 18e édition de Design Parade Hyères et invité d’honneur, a imaginé non pas une mais bien trois expositions distinctes au sein du centre culturel. Inspiré par les photographies d’époque du salon rose, imaginant les conversation passionnantes qui devaient faire vivre la pièce, le Français basé à Guadalajara, au Mexique, a investi l’ancienne piscine de meubles récupérés puis retapissés des tissus qu’il a imaginés pour une marque de velours pour espaces et transports publics, a imprimé – en collaboration avec Codimat, partenaire du festival – les photos de ses projets préférés sur des tapis XXL, parsemé la salle de ses dernières collection pour Hem et autres prototypes de lampes trouvées dans son atelier…

À Hyères, le cours de squash de la Villa Noailles revu et corrigé par Fabien Cappello à l’occasion de son exposition « On se rejoint à la villa ! » © Luc Bertrand
À Hyères, le cours de squash de la Villa Noailles revu et corrigé par Fabien Cappello à l’occasion de son exposition « On se rejoint à la villa ! » © Luc Bertrand

Dans le cours de squash, c’est tout l’inverse : aucun meuble – il n’y en a jamais eu ici -, mais des murs recouverts de ses papier-peints à motifs kaléidoscopiques vitaminés utilisés dans divers projets. Entre les deux, dans le petit gymnase, Fabien Cappello rend hommage à un projet qui lui tient particulièrement à cœur : sa collaboration avec un atelier familial de ferblanterie de Guadalajara, qui lui a confectionné vases et abat-jour « à l’aide des mêmes outils rudimentaires que ceux qu’ils utilisent habituellement pour les articles ménagers, tels que les moules à gâteaux, les gobelets gradués et les arrosoirs« . Dans un mer indigo, ces derniers côtoient les créations du designer et, au mur, les visiteurs se plongent dans les coulisses de fabrication.

La mini exposition immersive de Nathalie du Pasquier à la Villa Noailles., à Hyères
La mini exposition immersive de Nathalie du Pasquier à la Villa Noailles., à Hyères

Autre moment d’immersion, l’installation « La Galerie » de Nathalie du Pasquier, située au même niveau, sur le toit terrasse de la Villa. En collaboration avec Bob Carrelage et Mutina, l’artiste a repeint les mur de la pièce de ses motifs géométriques et dévoile sa collection Mattonelle Margherita en céramique émaillée pensée pour le spécialiste italien.

> Expositions à découvrir jusqu’au 1 septembre à la Villa Noailles, 47 Montée Noailles.


Le prisme Coco

Pourquoi ne pas se laisser guider par la beauté ? Disséminées dans les rues de Toulon, les images capturées par Coco Capitán, plongent les passants dans l’univers fascinant de Salvador Dalí et plus particulièrement dans la demeure de cet artiste légendaire. L’an dernier, la photographe née à Séville a suivi les traces du surréaliste jusqu’à la Costa Brava, en Espagne, capturant la magie de sa maison de Portlligat. Transformée par Dalí et son épouse Gala, cette ancienne cabane de pêcheur est devenue un sanctuaire de créativité. Les photographies de Coco Capitán baignant dans la même lumière dorée qui a inspiré tant de chefs-d’œuvre de Dalí, dévoilent la beauté de cette maison extraordinaire. Des scènes intimes du studio de l’artiste à sa célèbre collection de taxidermie en passant par le mythique canapé Bocca de Mae West, tout y est.

Les photos de Coco Capitán disséminées dans les rues de Toulon. © Coco Capitán
Les photos de Coco Capitán disséminées dans les rues de Toulon. © Coco Capitán

Ces clichés exceptionnels, publiées dans le livre Casa Dalí édité par Apartamento en 2023, prennent une nouvelle dimension dans cette exposition au format inattendu baptisée  « Apartamento Presents: Casa Dalí by Coco Capitán ». Les photographies surgissent à chaque coin de rues de la ville varoise, créant un dialogue enchanteur entre les œuvres de Coco Capitán et l’esprit surréaliste de Dalí. Chaque image est une invitation à explorer les différentes facettes de l’art et de la vie de Dalí, dans un cadre méditerranéen baigné de lumière et de chaleur.

> Exposition « Apartamento Presents: Casa Dalí by Coco Capitán », jusqu’au 3 novembre 2024, au détour de la « rue des arts », rue Pierre Semard, à Toulon.


280 m2, vue mer, calme absolu, refait à neuf par architecte

Marion Mailaender, présidente du jury de Design Parade Toulon 2024, a transformé le premier étage de l’ancien Évêché en appartement de rêve. Le nom de l’exposition ? « Résidence vue mer », tout simplement. « C’est un projet domestique autour d’une résidence balnéaire idéale, confie l’architecte d’intérieur et designer. J’y explore l’idée du logement collectif dans un immeuble avec vue mer. Je veux proposer un autre point de vue sur la Méditerranée, avec un focus sur ces constructions d’après-guerre qui incarnent une sorte de French Dream lié aux vacances, aux congés payés et à un bien-être un peu opulent inspiré des années 1970, de la Riviera, etc.

À Toulon, dans l’ancien Évêché, le salon de la résidence de vacances idéale de Marion Mailaender côté pile…
À Toulon, dans l’ancien Évêché, le salon de la résidence de vacances idéale de Marion Mailaender côté pile…

C’est aussi une réminiscence du quartier dans lequel j’ai grandi à Marseille, façonné par des constructions d’après-guerre dites « de standing », avec leurs portes en métal à poignée en laiton et hall de marbre. C’est un peu la rencontre entre ma mythologie personnelle et une mythologie universelle autour d’une certaine idée de l’habitat collectif des villes côtières. C’est un appartement expérimental. Il y a beaucoup d’objets évocateurs plutôt que concrets, comme la vue mer par exemple. Ce sont des silhouettes, comme la salle de bain ou les balustres en savon. […] Ce rideau avec vue mer je ne l’aurais pas fait ailleurs, c’est un décor, un trompe-l’œil adapté à l’exercice. Pourtant je suis capable d’expérimenter d’après des idées et des aménagements qui pourront trouver leur application dans de futurs projets.

… et côté face.
… et côté face.

Cet exercice me permet d’envisager beaucoup de choses comme faire sortir le visiteur par un dressing ou sonner chez quelqu’un qui n’existe plus. Beaucoup de détails apportent un équilibre entre les choses brutes, expérimentales ou locales et les réalisations sophistiquées obtenues avec des artisans. Je prends le lieu avec ses contraintes et j’en fais une force. »

> Exposition « Résidence vue mer » de Marion Mailaender, jusqu’au 3 novembre à l’ancien Évêché, 69 cours Lafayette, Toulon.


Les femmes à l’honneur sur l’île de Porquerolles

Le saviez-vous ? Selon la légende, l’île de Porquerolles était autrefois une princesse transformée en île pour échapper à un assaillant.  L’exposition « The Infinite Woman » de la Fondation Carmignac utilise cette île féminine comme point de départ pour examiner comment les femmes ont été représentées à travers les siècles : fortes, lascives, fatales, aimantes, démoniaques, tentatrices, mythiques…

« A Dream of Wholeness in Parts », Sin Wai Kin, 2021, exposée à la Fondation Carmillac sur l’île de Porquerolles.
« A Dream of Wholeness in Parts », Sin Wai Kin, 2021, exposée à la Fondation Carmillac sur l’île de Porquerolles.

Plus de soixante artistes déconstruisent ces représentations patriarcales, proposant une relecture contemporaine des mythologies classiques, mettant en lumière le désir, le pouvoir sexuel féminin, et les idéaux corporels. Les œuvres exposées célèbrent la libération des conventions de beauté, introduisent de nouvelles identités fluides,  célèbrent de manière poétique et décomplexée l’infinie diversité des féminités, repensent les normes et les modes d’expression dans un cadre idyllique.

L’exposition présente un dialogue entre artistes contemporains comme Wangechi Mutu, Lisa Yuskavage et Michael Armitage, et des maîtres historiques tels que Louise Bourgeois, Egon Schiele et Judy Chicago. Une variété de techniques artistiques est utilisée : peinture, dessin, photographie, vidéo, collage, sculpture, céramique et textile. Les œuvres évoquent de nouveaux imaginaires et récits féminins, avec des contributions de talents comme ORLAN, Martine Guttierez, Zanele Muholi, Billie Zangewa, Laure Provost, Betty Tompkins, Dorothy Iannone et John Currin.

> Exposition « The Infinite Woman », jusqu’au 3 novembre 2024 à la Villa Carmignac, piste de la Courtade Île de Porquerolles, à Hyères. 


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