3 expositions à découvrir à Bordeaux durant BAD+ Art Fair 2023

L’art contemporain est omniprésent à Bordeaux… dehors comme dedans. Le Lion,de Xavier Veilhan, veille sur les passants de la place Stalingrad; Sanna, le visage énigmatique de Jaume Plensa, trône place de la Comédie; et les Pantalon de jogging et mocassins à pampilles, de Daniel Dewar et Grégory Gicquel, surgissent à la station de tramway Pin-Galant.

Pour sa nouvelle édition, BAD+ Art Fair s’est associée à quelques musées pour mieux le faire rayonner. Visite de trois expositions à Bordeaux.


À lire aussi : Salon BAD+ à Bordeaux : de l’art dans la ville et dans les vignes


Chamboule-tout géant au CAPC

Ice Cream Van, de Chila Burman (2020).
Ice Cream Van, de Chila Burman (2020). Joe Humphrys Tate 2020

Le CAPC, ancien entrepôt de marchandises coloniales bâti en 1824 et rénové dans les années 80 et 90 par les architectes Denis Valode et Jean Pistre, en collaboration avec la designer Andrée Putman (1925-2013), accueille l’exposition intitulée « Barbe à papa », une friandise traditionnellement vendue dans les fêtes foraines.

L’idée ? Démontrer que forains et artistes font, selon le commissaire Cédric Fauq, « usage de mécanismes de captation de l’attention, d’illusion, mais aussi de monstration impures et de système de cloisonnement de l’espace ».

Thomas Liu Le Lann, Training Part 2: Funmix, (2021).
Thomas Liu Le Lann, Training Part 2: Funmix, (2021). Julien Gremaud

Pour témoigner de cette complicité, une cinquantaine de plasticiens a envahi le CAPC avec des œuvres issues de toutes les disciplines : peintures, sculptures, installations, comme Ice Cream Van, de Chila Burman (2020), et vidéos. De là à conclure que toute œuvre d’art est une attraction…

> « Barbe à papa ». Au CAPC, musée d’Art contemporain de Bordeaux, 7, rue Ferrère, jusqu’au 14 mai. Tél. : 05 56 00 81 50. Capc-bordeaux.fr


À lire aussi : Ouverture : l’hôtel Jost à Bordeaux, un établissement hybride


Surréalisme et érotisme au FRAC

Pierre Molinier, « Je rampe vers Gehamman » vers 1970 – 1976.
Pierre Molinier, « Je rampe vers Gehamman » vers 1970 – 1976. Adagp / Frédéric Delpech

Une œuvre à l’odeur de soufre, celle de Pierre Molinier (1900-1976) au FRAC. C’est bien dans ce mastodonte futuriste (dû à l’architecte danois Bjarke Ingels) qu’est présenté l’artiste connu pour ses tableaux érotiques et pour ses autoportraits travestis.

Développant l’expérience de Marcel Duchamp (1887-1968), créateur du personnage féminin Rrose Sélavy, Pierre Molinier se photographie épilé, maquillé, vêtu d’une guêpière et portant des talons aiguilles.

Pierre Molinier, « Sans titre », vers 1960 – 1976.
Pierre Molinier, « Sans titre », vers 1960 – 1976. © ADAGP

Il y adjoint des clichés d’amis ou de modèles qu’il découpe et recolle afin de composer une image. Pierre Molinier, membre du groupe surréaliste de 1955 à 1969, fait des photomontages, ainsi Je rampe vers Gehamman (1970-1976) (photo), comme André Breton (1896-1966) fait des poèmes-collages.

C’est cette influence et sa connivence avec d’autres artistes de son époque, tels Cindy Sherman (1954-) ou Hans Bellmer (1902-1975), dont témoigne cette exposition à découvrir durant BAD + Art Fair.

> « Molinier Rose Saumon “nous sommes tous des menteurs” ». Au Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA, 5, parvis Corto-Maltese, jusqu’au 17 septembre. Tél. : 05 56 24 71 36. Fracnouvelleaquitaine-meca.fr


À lire aussi : Week-end à Bordeaux : un hôtel, un resto, une expo à découvrir cet hiver


Paysages humains au MusBA

Denis Monfleur, Individus X (2023).
Denis Monfleur, Individus X (2023). Adagp / Stéphane Briolant

L’art ancestral de la taille directe n’a pas de secret pour lui. Comme Constantin Brancusi (1876-1957) ou Eduardo Chillida (1924-2002), Denis Monfleur (1962-) sculpte le marbre, le granit, le basalte…

Des blocs – qui, le plus souvent, mesurent près de deux mètres de haut et pèsent plusieurs tonnes – dans lesquels il façonne des têtes monumentales aux traits anguleux.

Elles forment des paysages humains aux cicatrices apparentes, celles laissées par ses outils. Il paraît que Denis Monfleur a réalisé environ 5000 sculptures dans sa carrière.

Denis Monfleur, Moine bouddhiste (2018).
Denis Monfleur, Moine bouddhiste (2018). Adagp / Stéphane Briolant

Près de 200 d’entre elles, tels Individus X (2023) (photo), feront l’objet de l’exposition « Peuples de pierre » au musée des Beaux-Arts, à partir du 2 juin, en écho avec les collections permanentes.

D’ici l’inauguration, huit sculptures sont à découvrir, dès le 4 mai, dans le jardin et la cour d’honneur de l’hôtel de ville et sur les parvis de la galerie des BeauxArts et de la gare Bordeaux Saint-Jean.

> MusBA, musée des Beaux-Arts Bordeaux, 20, cours d’Albret, jusqu’au 7 janvier 2024. Tél. : 05 56 10 20 56. Musba-bordeaux.fr


À regarder aussi : VIDEO : BAD+, Bordeaux sur la carte internationale des foires d’Art & Design