La Milan Design Week 2024 en 8 moments incontournables

Chaque année, Milan bat le temps d'une semaine au rythme du design. Éditeurs, architectes et designers investissent la ville de leurs installations toujours plus folles qui attirent aussi bien néophytes, professionnels que journalistes.

La Milan Design Week 2024 s’est encore une fois montré à la hauteur de sa réputation. Cette année, 1882 exposants on régalé journalistes, acheteurs et autres curieux de leurs installations monumentales et expositions à couper le souffle – en témoignent les vidéos publiées sur notre compte Instagram à cette occasion. Tour d’horizon des événements qui ont le plus marqué la rédaction.


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Le cool selon Faye Toogood

Exposition « Rude Arts Club » de Faye Toogood
Exposition « Rude Arts Club » de Faye Toogood

Déjà, les images annonçant l’exposition « Rude Arts Club » de Faye Toogood pendant la Milan Design Week 2024 avaient de quoi ameuter les foules. On, y voit la designer, shootée au flash, posant dans une sorte de robe-trench en tissu transparent sur ses nouvelles créations mises au point pour Tacchini et CC-Tapis. L’installation, sur la Piazza Santo Stefano, est à la hauteur des attentes. Le visiteur est propulsé dans un voyage intersidéral, au milieu des tapis et tapisseries murales Rude (CC-Tapis) et les sofas Cosmic, tels des sacs de couchages gonflés à bloc réalisés dans des tissus irisés, de l’argenté au doré en passant par le violet. Un véritable cocon pour une pause bien méritée à l’abri de l’effervescence environnante.

Le retour en force de la mosaïque

La mosaïque se tape le haut de l’affiche et attire de plus en plus d’artistes. Andres Reisinger, le chouchou des meubles 3D  bubble gum imaginaires vendus sous forme de NFT, a imaginé pour son exposition à Nilufar Depot un ciel bleuté ponctué de que cumulus immaculés et de douze pommes d’un rouge sanglant.

Daniel Arsham x Bisazza
Daniel Arsham x Bisazza

Plus réussi, les panneaux binaires dessinés par Daniel Arsham pour Bisazza, le spécialiste du carrelage italien, Fractured Idols I et Fractured Idols VI, opposent figures antiques et visages d’animé japonais. “Mon travail a toujours pris en considération le concept d’histoire, les lieux où le passé et l’avenir se croisent. Le savoir-faire et l’histoire de l’art inégalé de Bisazza s’alignent sur ces thèmes. Cette collaboration témoigne des possibilités qu’offrent deux domaines de créativité entrelacés, transcendant les frontières pour redéfinir l’expression artistique par le biais de l’art, du design et de la fonctionnalité dans l’art.” Une réussite.

La mythologie d’Alessi

Chez Alessi aussi, on se tourne vers le passé. Mais un passé fantasmé, fait d’histoires magiques et de personnages chimériques. Au sein du majestueux Palazzo Borromeo D’Adda sur via Manzoni, l’installation “Myth Makes Belief” imaginée par PlayLab, Inc. évoque la magie créative qui caractérise le travail de l’entreprise. Le mythe comme origine du possible, la fantaisie qui donne vie à la réalité. « Nous pensons que pour créer un design qui ait un impact, il faut croire à l’incroyable« , expliquent les créateurs du studio basé à L.A. Pour construire ce récit, une fontaine se dresse au milieu de la cour historique du palais, établissant un dialogue avec l’élégante colonnade néoclassique qui l’entoure. Posé en son centre, un de dragon œuf géant est sur le point d’éclore et les traits de la créature qu’il contient se dessinent.

Toru, la bouilloire électrique pensée par Nendo pour Alessi.
Toru, la bouilloire électrique pensée par Nendo pour Alessi.

La créature en train de naître rend hommage au personnage principal d’une ancienne légende qui se déroule sur l’île de San Giulio, sur le lac d’Orta. Autour de l’élément central, quatre vitraux enchanteurs racontent l’histoire mythique d’Alessi, tels qu’imaginés par PlayLab, Inc. Le tout fleure bon Pokemon, La Légende de Zelda et rappelle même les vitraux recréant l’histoire de La Belle au bois dormant à Disneyland Paris. Le long des arcades, quatre présentoirs mettent en valeur les nouveautés de la griffe. Nos préférées ? Toru, la bouilloire électrique pensée par Nendo et Menhir, la cafetière expresso de Michael Anastassiades.

Astier de Villatte pose ses valises dans la capitale lombarde

Mercredi 17 avril, 17h30. Les équipes d’Astier de Villatte terminent les dernières préparations avant le cocktail d’inauguration de leur première boutique à Milan – la première en dehors de Paris à être gérée en interne. Il paraît même que tout n’a pas pu être déballé à temps. Pourtant, les étagères du bazar de luxe situé en plein Brera, au 1 de la Via dell’Orso, débordent déjà d’assiettes, bols visages et autres céramiques blanches et à dessins colorés. À côté de l’espace bouillonnant d’objets en tous genres, une galerie immaculée abrite les créations imaginées par Elsa Jospin pour le label créé en 1996.

La boutique Astier de Villatte à Milan.
La boutique Astier de Villatte à Milan.

On nous dit dans l’oreillette que l’artiste est une amoureuse de longue date de la marque. Pour preuve, le portrait d’elle qu’elle a souhaité accrocher au mur, peint par Pierre Carron, père de Benoît Astier de Villatte, co-fondateur d’Astier de Villatte. Suite à cette expérience, ce dernier lui a donné des cours de dessin et elle a même passé deux ans aux Beaux-Arts aux côtés d’Ivan Pericoli, la seconde moitié d’Astier. Il paraît qu’elle les a même aidés une année sur le salon Maison & Objet. Eva Jospin réalise ainsi des Mini-mondes, soit trois centres de table-œuvres d’art inspirées des pièces montées qui ornaient les tables du chef cuisinier Antonin Carême.

Exposition d’Eva Jospin dans la partie galerie de la boutique Astier de Villatte à Milan.
Exposition d’Eva Jospin dans la partie galerie de la boutique Astier de Villatte à Milan.

L’un est tel un rocher surplombé d’un kiosque à musique – à moins qu’il ne s’agisse d’un temple antique ? L’autre, de style rocaille, dégouline de feuilles et de branchages dégoulinants. Le dernier, sur trois étages, est une plongée dans le monde mythologique d’Homère. D’abord façonnés en carton par l’artiste, les sculptures minutieuses et fragiles ont ensuite été moulées en silicone puis en plâtre, avant de devenir ces objets de céramique magnifiques. En plus de ce projet monumental, la sculptrice a également dessiné un service complet aux lianes entrelacées. Bien joué.

Nilufar Gallery, must-see de la Milan Design Week 2024

La galerie Nilufar (tout comme sa grande sœur Nilufar Depot), fait partie des adresses obligatoires de toute semaine du design milanaise. La sélection de Nina Yashar, qui a fondé le lieu en 1979, ne déçoit jamais. 

Les sculptures lumineuses d’Arthur Duff exposés à la Nilufar Gallery.
Les sculptures lumineuses d’Arthur Duff exposés à la Nilufar Gallery.

Cette fois, une pièce plongée dans la pénombre, simplement éclairée par des halos colorés, attire les regards. Passé le rideau frangé, l’œil est titillé par des sculptures de néons lumineux, rouge, vert, bleu ou encore violet. L’Allemand Arthur Duff a inséré les tubes dans des sortes de chaussettes en acrylique rappelant les cordes d’alpinistes avant de créer toutes sortes de formes. Hypnotique.

Le grain de folie de Studio Élémentaires

À un saut de puce de l’aéroport de Linate, Via Gaudenzio Fantoli 16/3, en pleine zone industrielle, Baranzate Ateliers posait ses valises dans un bâtiment à l’abandon de 7300 mètres carrés construit dans les années 1950. Au programme de cet événement qui signait sa seconde édition (la première a eu lieu en 2022), 30 artistes, dont les Belges de Zaventem Ateliers – concept et espace communautaire instaurés en 2019 par Lionel Jadot et dont Baranzate Ateliers s’inspire – s’exposaient dans le lieu monumental.

Plafonnier Golden Nuggets de Studio Élémentaires.
Plafonnier Golden Nuggets de Studio Élémentaires.

Parmi eux, les luminaires façon fête foraine de Studio Élémentaires, fondé par Apolline Couverchel et Gauthier Haziza, s’impriment sur les rétines. Golden Nuggets, dont les LED, présents en nombre, se reflètent sur la structure en miroir comme dans une galerie des glaces, rappelle les ornements des attractions. Overheated, plafonnier aux pales tournoyantes comme un ventilateur de plafond, s’inspire quant à lui des manèges à sensation.

Rooms Studio prône le repos à la Milan Design Week 2024

Le district 5Vie était encore une fois en pleine effervescence. Via Santa Marta, Nata Janberidze et Keti Toloraia de Rooms Studio, présentaient dans une pièce dédiée leur collection Bedroom, composée de six lits au design totalement eclectique. « L’idée de travailler sur la collection Bedroom est née d’un besoin fondamental d’un nouveau design de lit – un défi que nous rencontrons souvent lors de nos projets d’architecture d’intérieur, explique le duo. Chaque lit de cette collection est la pièce maîtresse de six intérieurs distincts imprégnés de caractère et d’histoire. »

Rooms Studio.
Rooms Studio.

« Les chambres à coucher sont des espaces essentiels dans notre vie quotidienne, des sanctuaires intimes où nous commençons et terminons chaque journée. Ce sont des pièces profondément personnelles qui renferment les éléments de notre monde intérieur. L’exposition est conçue avec une touche de surréalisme, mettant en scène nos lits disposés de manière circulaire dans une seule chambre à coucher. Cette présentation évoque un espace onirique et surréaliste – une passerelle entre la vie quotidienne et un lieu intérieur. Si le design de chaque lit fait écho à nos collections précédentes, il représente également le début d’une nouvelle orientation pour notre travail. »

La danse enchante les foules

L’installation de Gaggenau ‘The Elevation of Gravity’, à la Villa Necchi.
L’installation de Gaggenau ‘The Elevation of Gravity’, à la Villa Necchi.

Lundi 15 avril 2024, rendez-vous est pris à la Villa Necchi Campiglio, rue Mozart, investie par l’enseigne d’électroménager Gaggenau le temps de son exposition « Elevation of Gravity ». Les invités triés sur le volet s’installent au cœur du pavillon de verre de la sublime maison transformé en un cocon immaculé, grâce à un jeu de toiles tendues. Le silence se fait. Les visiteurs retiennent leur souffle. La musique envoutante imaginée par Dirk Haubrich spécialement pour l’occasion se met à rugir. Enfin, les danseurs prennent place au centre de l’espace, régalant les spectateurs de leur aura envoutante et de leur pas légers, millimétrés, orchestrés par le chorégraphe Philippe Kratz. Une parenthèse enchantée, idéale pour démarrer la semaine en beauté.


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