Le duo Diettert Collet signe un projet tout en sérénité. Maniant aussi bien la maîtrise d’oeuvre que la décoration intérieure, il prouve que les plus belles rénovations sont celles qui naissent d’un dialogue étroit avec le client.
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À Paris, des jeux de lumière et de perspectives
« Ce n’est pas le projet que souhaitait le client au début », confie Thomas Diettert en riant. À ses côtés, son associée, Emma Collet, cofondatrice de leur agence d’architecture Diettert Collet, pondère : « Je pense surtout qu’il nous a fait confiance ! » Et à les écouter parler de leur expérience depuis le lancement de leur studio en 2021, la confiance est ce qui est sans doute le plus dur à obtenir.
chiné (House of Barcia), les architectes Emma Collet et Thomas Diettert (agence Diettert Collet). Au sol, vase de famille du propriétaire. Clément Gérard - Oracle
Diplômés de l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-Val de Seine, les deux trentenaires, venus de l’Est de la France, ont fait leurs armes chez Studio KO pour lui, dans l’aménagement des boutiques LVMH pour elle.
C’est au Japon, alors qu’ils s’ennuient en stage dans une grande agence d’architecture, qu’ils se promettent de monter leur propre structure. Par chance, leur premier client pointe le bout de son nez grâce à leur compte Instagram deux semaines après qu’ils se sont lancés dans l’aventure.
Pour cet appartement du boulevard Voltaire, dans l’Est parisien, le propriétaire est arrivé de la même manière : par les réseaux sociaux. Celui-ci a 35 ans et c’est un « homme minimaliste », comme il aime à se qualifier. Les architectes lui demandent la liste des objets qu’il souhaite conserver.
Elle se résume à un vase de famille et à un secrétaire, dont le nom spécifique sonne comme une promesse : un bonheur-du-jour. Le plan de l’appartement haussmannien est alors un trois-pièces avec beaucoup de couloirs.
L’acquéreur, qui vit seul, souhaite un grand deux-pièces. D’un côté, des espaces sombres donnent sur la cour de l’immeuble, de l’autre, la luminosité du boulevard éclate. « Il fallait retrouver l’aspect traversant de l’appartement », détaillent les architectes.
Pour cela, ils adoptent un jeu de miroirs pour que les fenêtres côté rue s’y reflètent. Ensuite, ils créent « deux alcôves très sombres, des boîtes noires qui accrochent la lumière ». L’entrée, d’abord dépourvue de fenêtre, assume pleinement son obscurité en étant peinte dans une couleur sombre ; la cuisine ensuite, qu’ils proposent dans un chêne noir, avec des embrasures en granit.
« Entre les miroirs et le travail des embrasures, vous avez les deux ressorts décoratifs que nous pratiquons le plus », note Emma Collet.
Une architecture intérieure pensée avec le mobilier
« Ici, le salon est plus traditionnel, et notre travail s’est essentiellement porté sur le choix du mobilier et le dessin de la cheminée en travertin », poursuit son acolyte. Car Diettert Collet, bien qu’architectes HMONP (habilités à exercer la maîtrise d’œuvre en leur nom propre), s’intéressent également à la décoration intérieure comme un tout.
« Bien sûr, nous aimons dessiner pour des studios qui demandent une organisation optimale ou pour des restaurants mais, dans un appartement, il faut des meubles. Ils font partie de l’identité globale du projet ! Nous aimons opérer un mélange entre pièces contemporaines et vintage », explique la jeune femme.
Ici, un canapé acheté dans le commerce ; là, une table chinée. Pour la salle de bains et la chambre, ils ont pensé des lieux optimisés et apaisants. « Ce qui passe aussi par cette couleur beige très enveloppante. Nous avions peur que le client ne nous suive pas là-dessus car elle était tout de même foncée mais, encore une fois, il était ouvert à la discussion », se souviennent-ils.
En conservant les plafonds blancs pour préserver cette sensation de hauteur des murs, le résultat est élégant et moderne. « Il y avait forcément un équilibre à trouver entre nos envies créatives, sa manière de vivre et les jeux de perspectives à créer », résume Thomas Diettert. Une belle histoire de confiance.
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