Sur l’île de Ré, Julien Michaud a imaginé son refuge, à la fois atelier de céramiste et maison de famille. Entre minimalisme méditerranéen, mobilier patiné et céramiques oniriques, cette demeure raconte une certaine façon d’habiter.
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Une maison de village entre Paris et l’île de Ré
À l’heure où les frontières se floutent entre résidence principale et secondaire, Julien Michaud s’illustre dans ce nouvel art de vivre. À la tête d’une agence de communication, il est aussi artiste. Une double activité qui lui permet de partager son temps entre Paris et l’île de Ré, où il a déniché une maison de village il y a six ans avec une exigence : la possibilité d’y installer son atelier de céramique.
C’est à La Couarde-sur-Mer, « un village encore assez sauvegardé aux plages magnifiques et peu fréquentées », qu’il a décidé de s’installer. Derrière une façade anonyme se cache une maison sur deux niveaux composée de deux bâtisses séparées par une cour intérieure. La première partie abrite le lieu de vie tandis que la seconde – habillée de fausses balustres vertes, la teinte imposée par les règles d’urbanisme locales pour les volets visibles depuis la rue –, accueille au rez-de-chaussée l’atelier de Julien Michaud et, à l’étage, une chambre.
Poussée la porte d’entrée, c’est un intérieur monacal qui accueille le visiteur. « Ici, je suis happé par la quiétude de l’île. C’est pourquoi j’ai souhaité un environnement apaisant, qui repose l’esprit. Je sais que c’est ce dont j’ai besoin pour être créatif. Finalement, la seule touche colorée de la maison, c’est la verdure de la cour dont la luxuriance est visible depuis toutes les pièces. »
Murs enduits à la chaux, sol en ardoise posé selon la technique de l’opus incertum, meubles maçonnés adoucis par des coussins. « J’ai souhaité créer une ambiance qui mêle les inspirations des îles, où Ré aurait rencontré Ibiza et la Grèce. »
Esprit maison de famille
Pour l’aider à composer cet univers singulier, Julien Michaud a fait appel au décorateur Robert Normand, avec qui il travaille depuis longtemps. C’est lui qui a dessiné la cheminée, ainsi que les bancs maçonnés et le meuble télé-bibliothèque. Julien Michaud a par ailleurs également pu compter sur l’aide de ses proches pour affiner le choix du mobilier vintage qui compose sa maison.
« Nous voulions donner l’impression qu’il s’agissait d’un endroit habité depuis toujours », raconte le maître des lieux. Cet esprit se poursuit à l’étage, où les trois chambres sont habillées de papier peint, dans un esprit de maison de famille. « Je voulais créer une atmosphère de voyage, volontairement un peu chargée », explique-t-il.
De l’autre côté de la cour, dans l’ancienne annexe, qui était autrefois le stockage agricole, c’est l’atelier de céramique où voisinent terre, outils, engobes (un revêtement fin à base d’argile délayée que l’on applique sur la céramique pour modifier sa couleur naturelle), four… tout le nécessaire pour concevoir les personnages aux yeux démesurés qui font la signature de Julien Michaud.
Des figures totémiques qui cohabitent avec lui en sculptures mais aussi en motifs sur la crédence de la cuisine. « Je suis fasciné par le masque social que l’on arbore et que je matérialise par toutes ces figurines, rassurantes comme des amis imaginaires », analyse l’artiste, qui est aussi un hôte attentif pour ses amis de passage.
« Si je vis souvent seul ici, j’ai néanmoins souhaité une maison qui me permette de recevoir du monde », confie-t-il. Ses quatre chambres sont d’ailleurs régulièrement occupées…
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