Photographie japonaise : 27 objets design inspiré par l’exposition de la BnF

À la BnF François-Mitterrand, 250 photographies racontent le Japon de l’après-guerre à nos jours. Une plongée dans une culture de l’image, des sensations et des atmosphères qui inspire cette sélection d’objets aux accents nippons.

Dès fin septembre, la BnF François-Mitterrand expose ses collections de photographies japonaises. De l’après-guerre à nos jours, ces 250 clichés empreints d’atmosphères typiques de la culture nippone interrogent le rôle des images dans nos sociétés. À découvrir de toute urgence.


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Émotions Japon

Trois jeunes femmes accroupies au sol et vêtues de blouses de travail pointent simultanément leur objectif vers le spectateur. À leurs pieds sont dispersés de multiples clichés, en couleur ou en noir et blanc, parfois encadrés, tandis qu’en arrière-plan se dessine l’architecture de la ville.

À l’œuvre, appareil à la main, elles interrogent le spectateur dans une mise en abyme du regard : sommes-nous encore des observateurs, ou sommes-nous devenus des sujets constamment enregistrés et documentés ? Plus largement, qu’est-ce que la photographie a encore à dire dans une époque saturée d’images ?

Honyaradô e yuku kodomotachi/Des enfants se rendent à la grotte de Honyara, de la série Yukiguni/Pays de neige (1956), d’Hiroshi Hamaya.
Honyaradô e yuku kodomotachi/Des enfants se rendent à la grotte de Honyara, de la série Yukiguni/Pays de neige (1956), d’Hiroshi Hamaya. Hiroshi Hamaya

Ce cliché, intitulé Miss Otsuka and Matsui and Wakabayashi, série New Reading Portraits (Japon, 2004), de Mami Kiyoshi, photographe qui travaille entre l’Europe et le Japon, est issu de l’exposition que consacre la BnF à ses collections de photographies japonaises.

Le Japon à travers l’objectif

Après avoir rassemblé un important fonds d’estampes du XVIIe au XIXe siècle, l’institution parisienne s’est intéressée à la photographie nippone, collectant plus de 4 000 tirages, dont 250 sont présentés à travers cette exposition réunissant plus d’une centaine d’artistes.

Un événement qui, à l’heure des célébrations du bicentenaire de la naissance de la photographie, entend retracer l’histoire de cet art au Japon depuis 1945 jusqu’à nos jours.

Articulée autour des grands axes thématiques et esthétiques qui ont présidé à la collecte de ces images, l’exposition se parcourt en six temps : « Reporter le réel », « Considérer l’ordinaire », « Mettre les corps en scène », « Bonjour Paris ! », « Calligraphier le monde » et « Saisir l’impalpable ».

Mami Kiyoshi, Miss Otsuka and Matsui and Wakabayashi, Japon, série New Reading Portraits (2004), de Mami Kiyoshi.
Mami Kiyoshi, Miss Otsuka and Matsui and Wakabayashi, Japon, série New Reading Portraits (2004), de Mami Kiyoshi. © Mami Kiyoshi/Bnf

Autant de visions permettant d’établir une cartographie de la société nippone, à travers des reportages consacrés au monde rural, aux fêtes, aux rituels ou à l’expansion urbaine et économique – le réalisme occupant une place prépondérante dans la production d’après-guerre –, que de clichés théâtraux, fantaisistes ou poétiques.

Sensations et atmosphères

Car une autre dimension irrigue la photographie japonaise au fil du temps : la place accordée aux sensations et aux atmosphères, si caractéristique de la culture japonaise et qui s’exprime également dans le cinéma de Naomi Kawase (Still the Water), de Ryūsuke Hamaguchi (Senses), d’Hirokazu Kore-eda (After Life) ou dans les ouvrages de Junichirō Tanizaki (Éloge de l’ombre), pour ne citer qu’eux.

Des résonances qui trouvent un écho photographique dans les collections de la BnF avec les œuvres d’artistes tels que Hiromi Tsuchida et ses nécessaires témoignages sur les conséquences du bombardement atomique d’Hiroshima ; Tokuko Ushioda et ses œuvres intimistes empreintes de tendresse ; Mami Kiyoshi et ses mises en scène ; Yoshi Takata et son regard sur Paris ; ou encore Hiroto Fujimoto et ses images contemplatives.

Série Reizoko (Réfrigérateur), Meguro, Tokyo (1989), de Tokuko Ushioda.
Série Reizoko (Réfrigérateur), Meguro, Tokyo (1989), de Tokuko Ushioda. Tokuko Ushioda

Un tour d’horizon du pays du Soleil-Levant à travers un riche fonds photographique accessible depuis la plus grande bibliothèque de France.

L’affiche de l’exposition «Photographies japonaises. scènes, signes, sensations». À la BnF François-Mitterrand, quai François-Mauriac, 75013 Paris, du 30 septembre 2026 au 31 janvier 2027. « Quatre personnages sur une dune de sable », de Shoji Ueda (1948).
L’affiche de l’exposition «Photographies japonaises. scènes, signes, sensations». À la BnF François-Mitterrand, quai François-Mauriac, 75013 Paris, du 30 septembre 2026 au 31 janvier 2027. « Quatre personnages sur une dune de sable », de Shoji Ueda (1948). Shoji Ueda

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