Dans l’Oise, au nord de Paris, se niche l’exceptionnelle villa Besson, construite dans les années 1960 par Jean Balladur, davantage connu pour ses grands ensembles, comme La Grande-Motte. L’actuel propriétaire l’a rénovée en veillant à conserver son caractère dedans-dehors.
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La villa Besson, une maison rare signée Jean Balladur
D’abord, une localisation inattendue. À une heure de Paris, dans l’Oise, en pleine forêt de Chantilly. Ensuite, un architecte qui n’avait pas coutume de se prêter à l’exercice : Jean Balladur (1924-2002).
Célèbre pour ses aménagements de La Grande-Motte (34) et de Port Camargue (30), davantage théoricien et philosophe que bâtisseur de villas cossues, il est bien l’auteur de cette maison de verre, de bois et d’acier, construite de 1957 à 1965. Elle fut dessinée pour son ami et collaborateur sur de nombreux chantiers, monsieur Besson, qui dirigeait une entreprise de construction métallique.
Très inspiré par son récent voyage au Japon et par sa théorie Le Dedans et le Dehors publiée dans la revue Les Temps modernes, dirigée par Jean-Paul Sartre, Jean Balladur imagina un bâtiment de plain-pied, sur pilotis, avec une toiture-terrasse et des façades entièrement vitrées.
Madame Besson réussira néanmoins à faire ajouter des panneaux de Glasal blanc (composites d’amiante et de ciment recouverts d’émail vitrifié) dans les chambres pour préserver une certaine intimité…
Une restauration minutieuse de l’architecture moderniste
L’actuel propriétaire, Alexis Aulagnier, ancien publicitaire à la tête de Haute Renommee Gallery – qui loue des bâtiments d’exception pour des tournages, des séances photo ou des événements –, a restauré avec application cette demeure moderniste. Il aime dire qu’on « ne pourrait plus bâtir quelque chose de semblable aujourd’hui ». Après sa visite de la villa Besson voilà huit ans, il évoque une « acquisition irrationnelle ».
Déjà propriétaire de deux appartements, l’un signé Pierre Pascalet (1915-2000), à Hyères, dans le Var, et l’autre, Fernand Pouillon (1912-1986), à Marseille, il doit faire face à un défi démesuré imposé par cette propriété de 160 mètres carrés et son terrain d’un hectare laissé en jachère. Pendant près de cinq ans, il fera réparer les diverses fuites et infiltrations d’eau.
La restauration « à l’identique » a été une véritable gageure : « J’ai voulu, par exemple, conserver les poignées d’époque qui permettent de contrôler l’ouverture des baies vitrées. Mais il est extrêmement difficile de trouver quelqu’un capable de restaurer ce mécanisme ou de fabriquer ces poignées avec la même patine », explique-t-il.
Une villa pensée entre dedans et dehors
Dans cette villa qu’il compare souvent à un bateau, il y aura « toujours quelque chose à faire ». Pourtant Alexis Aulagnier n’y vit pas. L’habitation est désormais tout entière exposée, quasi muséale. Le propriétaire n’écarte pas l’idée de proposer à l’avenir des résidences de designers qui feraient sens avec le travail de Jean Balladur ou d’exposer leurs travaux temporairement et donc de recevoir un peu de public.
Dans cet objectif, la question du mobilier s’est rapidement posée, autant pour une logique de circulation que pour rester pertinent vis-à-vis de l’histoire du lieu. Par chance, Alexis Aulagnier est resté en contact avec les enfants Besson qui viennent une fois par an dans cette maison où ils ont grandi.
« Ils m’ont montré des photos des années 1960 qui me permettent de comprendre comment elle était meublée. Par exemple, j’ai pu racheter une table de Charlotte Perriand, mais je l’ai associée à des chaises Philippe Starck. Je ne vais pas tout refaire à l’identique, mais en tout cas dans l’esprit ! », indique-t-il. Et avec beaucoup d’esprit.
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