Son Blanc à Minorque, l’hôtel zen et écologique imaginé par Atelier du Pont

Ce lieu d’exception reprend les éléments naturels comme matériaux, en hommage à la terre de Minorque. Entièrement autosuffisant, le site veut concilier tourisme de standing et préoccupation environnementales.

Une invitation à la sérénité. À Minorque, au milieu d’un parc de 130 hectares de nature sauvage, une ancienne ferme traditionnelle de 1 000 mètres carrés a été transformée par le cabinet d’architecture Atelier du Pont en petit hôtel écologique de 14 chambres. Son Blanc, c’est son nom, imaginé, est un havre de paix de haute volée aux accents écolo. Visite guidée.


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Son Blanc : l’hôtel qui vise l’autosuffisance

Grâce à la mise en place d’un dispositif de géothermie, de panneaux photovoltaïques, de planchers chauffants, ainsi qu’à des systèmes de refroidissements, l’hôtel, qui recycle en outre l’eau de pluie grâce à une petite station d’épuration naturelle, ambitionne l’autosuffisance énergétique. Des arbres, des animaux, des potagers et des ruches contribuent également à l’autosuffisance alimentaire.

Cette ancienne ferme traditionnelle a été transformée en hôtel par le cabinet d’architecture Atelier du Pont. (c) Maria Missaglia et Karel Balas
Cette ancienne ferme traditionnelle a été transformée en hôtel par le cabinet d’architecture Atelier du Pont. (c) Maria Missaglia et Karel Balas

« C’est la philosophie générale. Une expérience immersive dans un endroit où le luxe peut aussi être respectueux de la planète », explique Anne-Cécile Comar, la fondatrice de l’Atelier du Pont, l’agence à l’œuvre de cette rénovation. Exit donc climatisation et télévision, le luxe et le tourisme durable se rejoignent sur la bissectrice d’un certain zen.

La sublime piscine du Son Blanc a été taillée dans la roche. (c) Maria Missaglia et Karel Balas
La sublime piscine du Son Blanc a été taillée dans la roche. (c) Maria Missaglia et Karel Balas

Atelier du Pont a obtenu le Prix French Design 100 pour ses travaux sur cette bâtisse du XIXe siècle. Abandonné depuis plusieurs années, le corps de ferme principal était pratiquement en ruine. L’architecte a ainsi porté son attention à la préservation de la structure originelle, veillant à révéler ses éléments remarquables. « Il y a eu tout un travail pour retrouver les arches anciennes fabriquée en marès, une pierre assez tendre présente à Minorque. Le lieu était dénaturé par les anciens propriétaires qui avaient voulu en faire huit appartements, avec des parpaings ».

Voyage hors du temps au Son Blanc. (c) Maria Missaglia et Karel Balas
Voyage hors du temps au Son Blanc. (c) Maria Missaglia et Karel Balas

La nature de l’île a inspiré le projet. Dans les intérieurs, les matières sont claires, laissées majoritairement brutes et modelées dans des formes organiques. Outre la pierre, le bois d’olivier sauvage et l’argile, des matériaux biosourcés, sont principalement utilisés.

Dans la pièce principale, les poutres s’entrelassent. (c) Maria Missaglia et Karel Balas
Dans la pièce principale, les poutres s’entrelassent. (c) Maria Missaglia et Karel Balas

Dans le volume de la Boyera, pièce principale de 500 m2, les poutres s’entrelacent dans la nouvelle charpente, et un cloisonnement intérieur courbe en texture terreuse vient délimiter les espaces, tel un paravent qui occulte les zones techniques et sépare les différentes fonctions de la bâtisse.

Son Blanc a conservé son esprit rustique. (c) Maria Missaglia et Karel Balas
Son Blanc a conservé son esprit rustique. (c) Maria Missaglia et Karel Balas

Des touches contemporaines sont apportées, à l’image de l’escalier principal qui dessert les chambres. Toute en pierre, sa rampe sinueuse est le fruit d’une collaboration entre les maçons minorquins et l’architecte.

Ce havre de paix est situé à Minorque, au milieu d’un parc de 130 hectares. (c) Maria Missaglia et Karel Balas
Ce havre de paix est situé à Minorque, au milieu d’un parc de 130 hectares. (c) Maria Missaglia et Karel Balas

L’Atelier du Pont vit dans le temps long

Pour le mobilier et les œuvres artistiques, un travail approfondi a été entrepris afin de sélectionner des matières naturelles provenant, en grande majorité d’Espagne et de France. Des éléments textiles, des céramiques et des créations en plâtre viennent ponctuer les espaces.

Une vue imprenable sur la nature sauvage de Minorque. (c) Maria Missaglia et Karel Balas
Une vue imprenable sur la nature sauvage de Minorque. (c) Maria Missaglia et Karel Balas

« Les tables de chevet en terre cuite ont été dessinées par notre atelier, confirme l’architecte. Nous avons travaillé avec plusieurs artisans et artistes pour produire des pièces spéciales pour l’endroit ». Autre ornement, et pas des moindres, pour cet hôtel de luxe : une piscine taillée dans la roche. Son Blanc est un lieu de lâcher-prise : il dispose d’une salle de yoga et de danse où l’on peut également travailler sa méditation.

Son Blanc est un hôtel confidentiel de 14 chambre qui combine prestations de haut vol et conscience écologique. (c) Maria Missaglia et Karel Balas
Son Blanc est un hôtel confidentiel de 14 chambre qui combine prestations de haut vol et conscience écologique. (c) Maria Missaglia et Karel Balas

Les travaux ont duré presque 5 ans, interrompus par la pandémie et des délais administratifs très longs pour obtenir différents permis. « Ça n’a pas été un chantier linéaire, concède Anne-Cécile Comar, mais c’était intéressant car il y a eu avec les artisans une vraie synergie qui a contribué à l’unicité du projet ». Comme quoi, finalement, il est utile de prendre son temps.


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