Si elle dispose d’une équipe de plus 200 collaborateurs, l’agence hollandaise s’est tout de même adjoint les services de ses compatriotes de Concrete Architecture. Célèbre pour l’aménagement des hôtels CitizenM, le studio signe un restaurant sur le toit du musée, bientôt planté de 75 arbres adaptés à l’altitude et aux embruns. Un espace ouvert à tous, accessible depuis un atrium public, où des vitrines suspendues offriront un aperçu des collections du Depot.

Plus au sud, dans le quartier de Katendrecht, Rotterdam poursuit la transformation de ses anciennes zones portuaires. Un programme entamé dans les années 1990 sur la presqu’île de Kop van Zuid. Ancien repère de criminalité et de prostitution, le secteur est aujourd’hui surnommé « Manhattan sur Meuse » suite à la construction du World Port Center de Norman Foster, de la tour KPN de Renzo Piano et du complexe De Rotterdam de Rem Koolhaas. Une triade de choc qui se trouvera bientôt en vis à vis d’un projet de l’architecte Ma Yansong.

Le fondateur de l’agence MAD a répondu à l’appel de la fondation Droom en Daad, porteuse de nombreuses initiatives artistiques. A sa tête, Wim Pijbes souhaite fonder le premier musée de l’émigration des Pays-Bas à l’intérieur d’un ancien entrepôt. Construit au début des années 1920, il a longtemps été le plus grand du monde avec ses 300 mètres de long. Aujourd’hui scindé en deux pour accueillir un autre projet de réhabilitation et fluidifier l’accès aux quais, il réserve l’aménagement de ses espaces d’exposition à l’agence locale Bureau Polderman. Le cabinet chinois propose d’y intégrer une plateforme d’observation de Rotterdam aux allures de vortex.

Inspiré par la vocation du musée et les trois millions de migrants partis de Rotterdam pour rejoindre New York, Ma Yansong a choisi de « matérialiser la notion de mouvement en desservant la plateforme avec une rampe dynamique, courbe et féminine, en contraste avec l’architecture moderniste de la ville », précise Wim Pijbes. Selon l’ancien directeur du Rijksmuseum d’Amsterdam, « la plateforme offrira ainsi une nouvelle perspective sur la ville et la vie », tout en attirant un public avide de selfies (et pas forcément adepte des musées !).
