Mathieu Tran Nguyen rénove un appartement dans l’esprit 1970

Dans le 12 arrondissement de Paris, à quelques pas de la place d'Aligre, l'architecte d'intérieur a rénové un appartement en respectant l'esthétisme des années 1970. Alliant ancien et contemporain, Mathieu Tran Nguyen a su lui donner un nouvel élan avec goût. Visite.

Lors de la dernière édition de Design Parade Toulon, la scénographie en vannerie d’un jeune architecte d’intérieur a particulièrement attirée les regards. L’auteur ? Mathieu Tran Nguyen. À travers ce projet novateur, le jeune homme a su démontrer toute la technicité de son travail mais aussi, et surtout, son amour pour les matières nobles. Pour IDEAT, l’architecte d’intérieur se confie sur Beccaria, un appartement qu’il vient tout juste de rénover.


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Portrait de l’architecte d’intérieur Mathieu Tran Nguyen.
Portrait de l’architecte d’intérieur Mathieu Tran Nguyen. Juan Jerez

Enfant, Mathieu se passionne déjà pour l’architecture. Il se souvient : « À l’époque, ma mère achetait beaucoup de magazines de décoration. Elle a toujours eu une très grande culture dans ce domaine. Les années sont passées et je me suis donc dirigé vers une école d’architecture sans trop me poser de questions. C’était une évidence pour moi. »

Après s’être forgé une expérience auprès de designers et architectes renommés tels que Rodolphe Parente mais aussi Philippe Starck, l’architecte d’intérieur fonde sa propre agence en 2019. Dans chacun de ses projets, Mathieu accorde un intérêt particulier aux matières et aux émotions qu’elles suscitent. La preuve avec son tout dernier joyau de 70 m2 qui fait revivre les années… 70.

Direction les années 1970

Chaises en cannage de Marcel Breuer chez Circa, table de Milo Baughman et suspension en fibre naturelle The Socialite Family.
Chaises en cannage de Marcel Breuer chez Circa, table de Milo Baughman et suspension en fibre naturelle The Socialite Family. Juan Jerez

Les propriétaires n’ont posé qu’une seule condition à Mathieu Tran Nguyen : rester en cohérence avec le style moderniste de l’immeuble. Attiré depuis toujours par l’architecture des années 1970, le jeune homme s’est donc amusé à repenser les espaces en leur insufflant une nouvelle fonctionnalité. « L’appartement était vraiment dans son jus. Il n’y a eu qu’un seul propriétaire. L’idée était de lui donner un nouvel élan » affirme l’architecte d’intérieur.

Petite table métallique de François Monnet, lampe rétro Taccia par Achille et Pier Giacomo Castiglioni chez Flos et tableau  de l’artiste Royal Robertson.
Petite table métallique de François Monnet, lampe rétro Taccia par Achille et Pier Giacomo Castiglioni chez Flos et tableau  de l’artiste Royal Robertson. Juan Jerez

Dès l’entrée, le hall donne le ton. Composée d’un mur en terre cuite, d’un sol en travertin et de miroirs en bronze, ce dernier a été le point de départ pour concevoir l’intérieur de ce cocon. La cuisine s’ouvre désormais sur le séjour grâce à une arche soigneusement habillée d’une peinture rouge bronze. Idem pour les plaintes en chêne allant de l’entrée jusqu’à la salle de bain.  « Cette couleur a été pensée comme un fil conducteur. L’objectif était de créer une continuité avec le bois pour que le rouge bronze devienne une matière à part entière. »

Un intérieur contemporain

L’affiche au mur de Ronan Bouroullec s’accorde avec le fauteuil turquoise de Marcel Breuer.
L’affiche au mur de Ronan Bouroullec s’accorde avec le fauteuil turquoise de Marcel Breuer. Juan Jerez

Les carreaux en faïence de la salle de bain,  le sol en grès du séjour et la moquette bouclée des deux chambres ainsi que du dressing permettent de renouer avec l’esthétisme des intérieurs de l’époque tout en restant contemporain. Face à la baie vitrée, un imposant vaisselier en bronze effet miroir a été pensé « comme une deuxième fenêtre » afin d’ouvrir l’espace. La terrasse filante, quant à elle, longe l’entièreté du séjour et donne une vue plongeante sur la petite cour intérieur de l’immeuble. Histoire de s’évader un instant de l’effervescence parisienne.

Pour la sélection du mobilier, Mathieu a chiné quelques pièces dans des brocantes et sur internet comme la table Baughman du séjour. D’autres ont été dessinées par le jeune homme comme les deux appliques en inox situées de part et d’autre des deux arches. « Dès que j’en ai l’occasion, j’essaie d’imaginer quelques pièces de mobilier et objets pour mes projets. C’est quelque chose que j’affectionne tout particulièrement, j’y prends beaucoup de plaisir » affirme l’architecte d’intérieur.

Le carrelage turquoise de chez Ceramica Vogue est mis en exergue par des joints aux notes terracotta.
Le carrelage turquoise de chez Ceramica Vogue est mis en exergue par des joints aux notes terracotta. Juan Jerez

Aujourd’hui, Mathieu multiplie les projets dont une demeure aux Lilas, en Seine-Saint-Denis, sur le point de se terminer. Il vient également de réaliser un showroom-appartement – en collaboration avec l’agence Comedi – pour la marque danoise Gubi afin de présenter leur nouvelle collection de mobilier. « Design Parade a été un réel tremplin pour moi. Cela a permis de donner une plus grande visibilité à mon travail » conclut Mathieu. L’architecte d’intérieur se promet donc à un bel avenir.


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