À Val d’Isère, le Refuge de Solaise passe à l’heure d’été

À Val d'Isère, la saison estivale dévoile ses trésors. Pour profiter au mieux de cette bulle de sérénité, direction le Refuge de Solaise, à 2551 mètres d'altitude, où admirer, sans aucun doute, la plus belle vue sur le village et ses montagnes.

Nichée au cœur des Alpes, Val d’Isère s’éveille en été pour offrir un paradis de verdure et d’aventure. Le Refuge de Solaise, perché à 2551 mètres, devient le point de départ d’une journée rythmée par des panoramas époustouflants et des expériences inoubliables. Des baptêmes de l’air aux randonnées florales, chaque instant est une invitation à redécouvrir la montagne sous un autre jour.


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À Val d’Isère, la saison estivale est lancée

9 heures. Au Refuge de Solaise, face à cette vue sur les cimes enneigées, même Grincheux se réveillerait du bon pied. À la belle saison, le village troque son manteau de neige contre un épais gazon vert, presque irréel. S’il est évident que la station est plus remplie au temps des flocons, de plus en plus de vacanciers se laissent séduire par la montagne en été. “La pandémie a stimulé le tourisme estival – les Français sont davantage à la recherche de bulles de fraîcheur”, annonce Lauranne, attachée de presse de Val d’Isère, Nantaise tombée d’amour pour le domaine.

Le Refuge de Solaise en été, plus haut hôtel de France, peut se vanter d’avoir la plus belle vue sur Val d’Isère.
Le Refuge de Solaise en été, plus haut hôtel de France, peut se vanter d’avoir la plus belle vue sur Val d’Isère.

Gilles, le moniteur de parapente, est sur le qui-vive : le vol prévu pour ce soir 18 heures doit être avancé en raison des rafales annoncées. Ici, la vie est rythmée par une météo imprévisible – il faut savoir être flexible. Le stress commence à monter. “Le déco” (comprendre : l’aire de décollage) se situe à quelques pas du Refuge. En quelques minutes, l’ancien parachutiste et rebelle dans l’âme prépare la voile et boucle les casques. Le moment de s’élancer est enfin arrivé –  pas facile de courir vers le vide. Mais la sensation éprouvée lorsque l’on se sent porté par le vent est incomparable.

Un cri de joie, la bouche bée et le souffle coupé. Pas facile non plus de ne pas se crisper, de s’habituer aux pieds qui se balancent comme en apesanteur, de se laisser bercer. Le bip qui retentit indique que l’on est en train de monter “plus vite qu’un ascenseur”, précise Gilles. Pourtant, impossible de le deviner. Après avoir survolé un troupeau de moutons protégé par un patou aux aguets, il est temps de se poser. La tête commence – légèrement – à tourner : il faut dire qu’“au bout de 20 minutes, 80% de la population rend son petit-déjeuner”, explique le guide. Raison pour laquelle la première expérience se limite toujours à un petit quart d’heure de pur bonheur. “Il va falloir poser les pieds… et courir.” Ou plutôt, s’écrouler. Les jambes sont tremblantes au moment de se redresser. Mais la vue et la sensation, gravées à jamais.

Au Refuge de Solaise, grâce aux larges baies vitrées, les convives profitent des paysages à couper le souffle. Été comme hiver, les couchers de soleil sont à tomber.
Au Refuge de Solaise, grâce aux larges baies vitrées, les convives profitent des paysages à couper le souffle. Été comme hiver, les couchers de soleil sont à tomber.

Une adresse d’initiés

Après une envolée sensationnelle, retour sur terre. Depuis “l’atterro” du Manchet, direction le refuge du Fond des Fours, soit 1 heure 45 de montée au milieu des ruisseaux et des rochers, à observer géraniums des bois, gentianes de printemps, arnica des montagne, joubarbe, orchis et autres myosotis. À l’arrivée, une vue imprenable sur le glacier de Méan Martin et, au loin, l’herbe tâchée de jaune, de bleu et de violet laisse place à une roche noire ponctuée de névés. Un paysage qui ressemblent à s’y méprendre à des dunes de sable, sorti tout droit d’un film de science-fiction. Les plus téméraires – et équipés pour s’aventurer dans ces neiges éternelles – continuent jusqu’au col des Fours, situé à 2976 mètres d’altitude tout de même.

Val d’Isère en été, village de montagne au gazon vert fluo.
Val d’Isère en été, village de montagne au gazon vert fluo.

Sur le chemin du retour, passage obligé par la Ferme de l’Arsellaz, tenue par Marie-Pierre et Laurent, avec son poulailler, son potager et ses parasols rouge anglais – qu’il faut tenir soi-même quand le vent souffle trop fort. Pas de carte, le menu est unique : assiette de charcuterie, salade du jardin sauce moutarde, omelette généreuse, mousseuse, délicieuse, aux pommes de terres fondantes, trompettes de la mort séchées et oignons caramélisés, beaufort et, évidemment, tarte aux myrtilles. Zéro chichi, plaisir maxi. Attention, la réservation est fortement conseillée : l’adresse a son lot d’habitués.

Le Refuge de Solaise : la France au sommet

Pour rentrer au Refuge de Solaise, situé juste au dessus, il ne faut pas rater son coup : les télécabines, gratuites l’été, cessent de fonctionner à 16h45 précises. Les retardataires et autres baroudeurs aux cuisses solides se laissent tenter par le sentier en pente raide menant directement de la Ferme de l’Arsellaz au lac de l’Ouillette, confectionné par le fils des propriétaires himself  il y a quelques années – et non répertorié sur les cartes. Une fois l’étang contourné, le Refuge de Solaise, aux 16 chambres, 4 appartements et dortoir de luxe pour 14 personnes à partir de 80 euros la nuité – il s’agit avant tout d’un refuge de montagne – inauguré en 2019, apparaît. Littéralement perché à 2551 mètres d’altitude, l’établissement, l’ancienne gare du premier téléphérique de Val d’Isère ouvert en 1942 réhabilitée, peut se vanter d’être l’hôtel le plus haut de France. En 2021, le propriétaire s’associe, pour la partie restauration, à Paris Society.

Lorsque le propriétaire du Refuge de Solaise s’associe en 2021 à Paris Society, Hugo Toro redécore le restaurant et le lobby.
Lorsque le propriétaire du Refuge de Solaise s’associe en 2021 à Paris Society, Hugo Toro redécore le restaurant et le lobby.

Le groupe a confié au talentueux Hugo Toro le soin de redécorer le restaurant (qui devient Gigi, l’hiver uniquement) et du lobby. Bois, velours moquette camouflage dans les tons roses et rouges… Le designer a revu et corrigé les codes des établissement de montagne, l’adaptant à une lecture plus contemporaine et à toutes les saisons. Après avoir siroté sur la terrasse un Spritz bien mérité, il est temps de s’installer pour le dîner dans la salle aux larges baies vitrées – le plus gros atout du lieu. Une table pour deux, en retrait, située au fond à droite face aux fenêtres, paraît tout indiquée. Dans le mille : c’est cette table-ci que choisissent en priorité les clients prêts à s’unir pour le meilleur et pour le pire.

Tout à coup, le soleil perce sous les nuages, au-dessus du Mont Pourri, baignant la salle d’une lumière orange sanguine. Le temps se suspend. La golden hour hypnotise les convives. Puis l’horizon se teinte de rosé. Magnifique. De quoi terminer la journée en beauté. Au programme du lendemain ? Visite du Vallon du Prariond, toujours dans le parc national de la Vanoise, où marmottes et bouquetins, peu farouches, se prélassent sur les sentiers, à quelques pas seulement des marcheurs émerveillés… Voilà qui promet.

> Le Refuge de Solaise, Sommet de Solaise, 2551 mètres, Val d’Isère. Plus d’informations ici.


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