Sur la côte basque, Jean-Baptiste Fastrez collabore aussi bien avec des labels de design industriel français et étrangers qu’avec, côté édition limitée, la Galerie Kreo à Paris. Dans son studio, lumineux comme une page blanche, se distinguent ses objets aussi esthétiques que fonctionnels.
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Jean-Baptiste Fastrez, un designer installé à Biarritz
Entrer dans le studio de Jean-Baptiste Fastrez met illico le visiteur en face de l’univers de création du designer. « Je préfère avoir 23 objets qui ont du sens autour de moi plutôt que de travailler dans une accumulation, explique-t-il en préambule dans son antre biarrot. Mon territoire, ce sont vraiment mes livres, mon ordinateur portable et mes sources d’inspiration, que je déplace à volonté. Depuis mes débuts, il y a quinze ans, j’ai très souvent changé d’atelier, je n’ai jamais passé plus de deux ou trois ans à la même adresse, même à Paris. »
Pourquoi Biarritz et son quartier Impérial, proche du fameux Hôtel du Palais, donnant sur la grande plage bordée de belles maisons de la fin du XIXe siècle, souvent bâties par des Espagnols ? Pour y élever ses enfants, entre montagne et Océan, près de chez ses parents et à l’écart du tumulte parisien. Une décision prise en fin de confinement, les visioconférences étaient alors si répandues que plus rien ne pouvait le retenir à Paris.
Après tout, ses créations, qu’il s’agisse de mobilier ou d’objets pour les éditeurs Moustache et Tectona, de pièces de design de collection pour la Galerie Kreo, peuvent à elles seules entretenir son image dans les cercles de la capitale. « Le défi est de faire en sorte que mon travail soit mon meilleur ambassadeur, qu’il parle de lui-même, sans cartel d’explications », avance-t-il sans arrogance.
Un studio pensé comme un territoire nomade
Avant qu’il n’installe son studio et un appartement, il y avait en lieu et place un magasin d’antiquités, puis, selon les dires d’un vieux monsieur rencontré dans la rue, un restaurant asiatique. C’est peut-être de là que provenait le rouge initial du bois des montants de la façade, ornés de détails Art déco.
Le designer, qui a tout refait de fond en comble, a d’abord poncé lesdits montants pour retrouver leur couleur naturelle. « À l’intérieur, il y avait des infiltrations partout, et le toit n’était plus étanche. C’était inhabitable », se souvient-il.
34 mètres carrés pour dessiner, modéliser et créer
Chaque jour, il y dessine, consulte des ouvrages sur sa grande table blanche et carrée ou réalise de la modélisation en 3D. Son travail devient collectif lorsqu’il conçoit des scénographies ou rencontre des artisans.
« Je travaille ici de façon très intime. C’est en faisant les choses moi-même que je trouve la forme de l’objet, sans demander à quelqu’un d’autre d’avancer le développement du produit, remarque-t-il. Les créations plus artistiques et chronophages nécessitent des plans, de la production de rendus et d’images de présentation. Si j’étais architecte d’intérieur, je serais obligé de faire des projets au Pays basque pour être présent sur les chantiers. Mon métier de designer, comme un romancier ou un musicien, me permet de travailler de façon nomade, juste avec mon ordinateur. »
Il ne craint nullement de passer pour celui qui n’a pas assez fait ses preuves dans la capitale et l’aurait quittée, déçu. À l’inverse, s’expatrier révèle une réussite professionnelle. La sienne se mesure surtout dans la constance, sans répétition de son style, celui d’objets hybrides, comme son applique murale Moto (Moustache), façon visière de casque de moto.
Avec lui, la fonction est presque toujours liée à un discours autour. Comment produit-on les objets, artisanalement ou industriellement ? Comment les consomme-t-on au regard de certains enjeux de la société ? Rien de pontifiant, juste une réflexion à travers des objets du quotidien. Si Jean-Baptiste Fastrez a une adresse à Biarritz, elle est avant tout dans sa tête.
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