Planter un écrin de verdure au cœur du béton d’une zone industrielle n’est que la première surprise de cette villa des années 1970. Située à Greco, au nord-est de Milan, cette maison familiale dévoile, derrière sa façade, une atmosphère radicalement atypique.
À lire aussi : À Ibiza, une sublime maison sculptée par la lumière et débarrassée des clichés
À Milan, une villa des années 1970 qui cultive le dépaysement
Une cour avec piscine rappelle l’intimité du jardin Majorelle, à Marrakech, des néfliers et des palmiers luxuriants évoquent les jardins subtropicaux d’Asie, tandis que les murs bleu électrique rendent hommage à la Casa Azul de Frida Kahlo, à Mexico. Rien de très milanais dans tout cela, si ce n’est que cette paisible oasis se trouve pourtant dans le contexte industriel un peu aride de Greco, au nord-est de la ville. Le studio Concepta, à l’origine du projet, a sciemment cherché à désorienter.
« L’extérieur a été le point de départ », explique la designeuse Alice Frana qui, avec l’architecte Luigi Di Mauro Morandi, a repensé la maison de Mattia Castiglioni, propriétaire du groupe de restaurants Fuorimano OTBP. Ce dernier souhaitait transformer la villa de ses grands-parents en une demeure atypique de 150 mètres carrés.
« Nous avons d’abord créé un cadre verdoyant et coloré, puis nous avons équilibré l’ensemble par une décoration neutre qui souligne l’architecture », poursuit Alice Frana.
Un jardin luxuriant comme point de départ
Si le hall d’entrée aux tons violets marque une rupture nette avec le jardin, la palette intérieure s’adoucit pour favoriser la détente. L’ambiance y est propice aux vacances, induite par les tons pastel jaunes et bleus. Les murs et les sols, en chaux de style marocain blanc cassé, donnent même à la designeuse « l’impression d’être enveloppé dans un nuage ».
La cuisine, déplacée au cœur de la maison, brouille les pistes : des miroirs en acier reflètent les pièces voisines, rendant floue la frontière entre zone de passage et espace de vie. Pour préserver l’ADN du lieu, un mur d’origine, en diagonale, a été conservé pour l’intérêt géométrique qu’il apporte à la cuisine.
Dans cette pièce, Concepta a dessiné un îlot dont les contours suivent l’inclinaison des murs principaux. La salle à manger attenante coordonne au passage le jaune de la table à celui des encadrements de fenêtres extérieurs, tandis que les encadrements intérieurs s’accordent avec les murs.
Des chaises en paille vintage de Luigi Massoni (Boffi) apportent également une touche d’élégance à la pièce. Au mur, une œuvre conceptuelle de Turi Simeti contraste avec un panneau de bois brut.
Le design italien adoucit l’esprit seventies
Le parcours se poursuit vers le bureau, accessible par des passages voûtés qui soulignent la grande hauteur sous plafond.
« La maison comportait des détails des années 1970, comme la baie vitrée en béton du salon. » Luigi Di Mauro Morandi, l’architecte
« Nous avons mis la structure à nu, laissant apparaître une poutre en béton dans la cuisine. À partir d’un passage voûté, nous en avons créé un second. La maison comportait des détails des années 1970, comme la baie vitrée en béton du salon. Nous nous sommes inspirés de cet aspect technique, tout en l’adoucissant », précise Luigi Di Mauro Morandi.
Dans le salon monochrome, le design italien s’affiche comme sur une page blanche, du fauteuil Wink, de Toshiyuki Kita (Cassina), à la lampe Taccia, des frères Castiglioni (Flos). De là, l’œil repère le rideau en velours chenille vert théâtral qui dissimule le dressing des propriétaires, attenant à leur chambre.
Enfin, des terrasses permettent de profiter de la vue verdoyante, comme un appel à la luxuriance de la nature. Un petit patio doté d’un hublot y mène depuis la salle à manger, tandis qu’un espace plus vaste avec un coin repas extérieur surplombe la piscine.
Ce lieu paisible et pittoresque est idéal pour prendre ses repas estivaux à la brise, tout en rêvant de destinations lointaines.