La fleur a décidément la vie dure. Après avoir traversé les papiers peints Arts & Crafts, les tissus Liberty, le Pop Art et les délires psychédéliques des années 1970, la voilà qui revient sous une forme nettement moins botanique. Pour Radici, l’entreprise italienne spécialisée dans les surfaces textiles, Uchronia transforme le motif floral en une mécanique visuelle faite de répétitions, de déformations et de vibrations.
Baptisée Flower Distortion, cette nouvelle collection s’intéresse à ce qui se passe lorsqu’un motif se répète jusqu’à devenir paysage. Huit compositions, plusieurs variations chromatiques et une palette qui file du rouge à l’orange et du violet au vert composent un décor qui semble tantôt se dilater, tantôt tourner sur lui-même. À mi-chemin entre op art, kaléidoscope et abstraction graphique, la fleur finit par devenir presque méconnaissable.
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La fleur, l’obsession d’Uchronia
Pour qui suit le travail de Julien Sebban, la présence de la fleur n’a rien d’une surprise. Depuis la création d’Uchronia en 2019, le motif végétal revient sous forme de mobilier, de textiles, de scénographies et d’installations XXL.
Mais Flower Distortion sort la fleur de son rôle d’élément reconnaissable du décor. Répétée, étirée, fragmentée, elle produit une sensation de mouvement. Une logique que Julien Sebban résume en parlant de « répétition, croissance, vibration ». Autrement dit, plutôt que de copier la nature, Uchronia tente d’en récupérer le mode d’emploi.
Cette approche fait écho à une pratique plus large du collectif : créer des « lieux d’expérience » où architecture intérieure, mobilier, graphisme et identité visuelle se contaminent mutuellement. Le studio s’est notamment fait remarquer avec Forest au Musée d’Art Moderne de Paris, le Café Uchronia imaginé pour Maison&Objet ou encore, en septembre dernier pendant la Paris Design Week 2026, son Grand Bouquet posé au cœur du Grand Palais.
Un paysage abstrait à fouler
Si la moquette se fait souvent remarquer lorsqu’elle disparaît – elle absorbe le bruit, délimite une zone, accompagne un parcours… – à travers Flower Distortion, elle réclame au contraire de passer au premier plan.
Ici, les motifs d’Uchronia utilisent la profondeur chromatique pour transformer le sol en surface active. La couleur ne vient plus simplement habiller l’espace : elle donne l’impression d’en modifier les proportions, d’accélérer une circulation et même de créer un point de fuite fictif.
Après tout, une bonne moquette ne devrait-elle pas faire plus que rester sous nos pieds ? Grâce à Uchronia, elle commence sérieusement à nous faire tourner la tête.
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