Echo graphique : l’Art déco mis en caractères

Pour l’exposition célébrant le centenaire de l’Art déco organisée par l’école d’art de Nancy (l'Ensad), la designer graphique Varya Goncharova a conçu une identité visuelle qui revisite l’héritage du mouvement artistique.

À l’occasion du centenaire de l’Art déco, une école nancéienne invite de jeunes créateurs à dialoguer avec cet héritage toujours vivant. Entre recherche typographique, expérimentations collectives et dispositifs visuels immersifs, le projet explore la capacité du graphisme à faire vibrer l’histoire dans le présent.

exposition Art déco Nancy

A Nancy, l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs (Ensad) célèbre le centenaire de l’Art déco à travers une tribune offerte à d’anciens étudiants dont les travaux réagissent à l’héritage laissé par le mouvement artistique. Pour accompagner l’exposition, l’identité visuelle a été confiée à une ancienne de l’Atelier de recherche typographique (ANRT), Varya Goncharova. La jeune femme, diplômée de l’université des arts graphiques de Moscou, avait rejoint le 3ème cycle de l’Ensad, pour développer un travail de recherche sur l’écriture cyrillique, avec pour objectif la réalisation d’une fonte de caractères (ndlr : ensemble des caractères d’une même police de caractères).

Exposition ARTDECO(((

Pour ce nouveau projet, elle a misé sur le collectif pour mettre en œuvre un dispositif graphique composé d’affiches, de documents pédagogiques et d’éléments scénographiques. « J’ai, à ce titre, emprunté une police de caractère qu’une étudiante de ma promo, Juliette Ogier, a réalisé à partir de l’écriture décorative d’Alfred Erdmann (1872–1966) mais aussi une autre de Charles Mazet, enseignant à l’ANRT et auteur d’une dizaine de typos, pour les textes », précise Varya Goncharova. L’affiche, document manifeste du projet, s’appuie sur des modèles de vitraux réalisés dans les années 1920–1930, composés de modules géométriques et d’incrustations décoratives, qui servent de base à la grille. « J’ai poussé l’expérimentation en créant des versions spécifiques à l’affichage pour les abribus. Elles se transforment entre le jour et la nuit, grâce à des motifs colorés visibles uniquement par le jeu du rétro-éclairage », ajoute-t-elle. Au titre « ARTDECO » écrit sans espace tel un slogan, elle a rajouté trois parenthèses, évocations des cercles concentriques d’une onde qui continuerait de faire résonner la pensée du courant artistique. « ARTDECO))) n’est pas une commémoration, mais une chambre d’écho », soulignait ainsi Kevin Muhlen, le curateur de l’exposition.

 

-> ARTDECO, jusqu’au 21 juin, Galerie Poirel, 3 rue Victor Poirel, Nancy.

ensad-nancy.eu