On y monte pour dormir, dîner, rester, parfois même ne rien faire. Nul besoin d’être un sportif aguerri pour prétendre se délasser ici. Le design, le confort et la manière d’habiter l’altitude y deviennent aussi importants que le paysage : découvrez 5 refuges stylés en montagne.
Le plus Into the Wild : Le Rifugio Val di Togno
Perché à 1317 mètres d’altitude, à l’écart des itinéraires évidents ce refuge-maison d’hôtes se mérite. Il aura fallut une rénovation de trois ans pour en faire un bâtiment aussi chaleureux qu’autonome. L’électricité est produite par une turbine hydraulique alimentée par une source naturelle, l’eau est gérée en autonomie, l’énergie strictement maîtrisée. L’architecture assume une écriture contemporaine, sans folklore : structure bois, bardage en mélèze local, lignes sobres. À l’intérieur, un grand espace de vie vitré sur la vallée, un feu, une terrasse, et cinq chambres avec salle de bains, proposées uniquement en pension complète (exclusivement végétarienne), logique pour ce logement totalement isolé.
A lire aussi : Charlotte Perriand : la montagne pour terrain de jeu
Le plus quiet luxury : Refuge de la Traye
Créé en 1982 et entièrement réhabilité, le Refuge de la Traye cultive une idée très maîtrisée du confort en altitude. Installé à 1 650 mètres, dans un vallon préservé au-dessus de Méribel, il se rejoint à en véhicule électrique, pied, en raquettes ou à ski. L’ensemble se compose de trois chalets formant un hameau, avec six chambres et suites seulement, pensées pour le séjour plus que pour l’étape. Bois clair, pierre locale et textiles naturels structurent des intérieurs authentiques. Table soignée, spa, piscine chauffée, bains nordiques, sauna et hammam dessinent une expérience tournée vers une totale déconnexion.
Le plus festif : Chez la Tante
Ouvert en décembre dernier à 1 850 m d’altitude, le Refuge Chez la Tante s’atteint par télécabine depuis Saint-Gervais, puis à ski. Ancien self d’altitude des années 1960, abandonné pendant une décennie, le bâtiment a été entièrement repensé après deux ans de travaux par le groupe Beyond Places. Derrière une façade aujourd’hui rhabillée de bois, le lieu déploie 21 chambres, dont plusieurs familiales, et une vaste terrasse panoramique face au Mont-Blanc, au Mont Joly, aux Fiz et aux Aravis. L’architecture intérieure, confiée au studio Monts et Merveilles, privilégie bois massifs, tonalités claires, textiles enveloppants et mobilier sur mesure, sans folklore. Une fois la dernière télécabine redescendue, le refuge change de tempo : on se retrouve autour du feu, la table se remplit, un musicien s’installe parfois, les conversations s’étirent jusqu’au bowling planqué au sous-sol.
Le plus mythique : refuge du Montenvers
Avant d’être un refuge, le Montenvers fut un point de bascule : l’un des premiers sites alpins pensés pour accueillir des voyageurs venus voir la montagne, et non la traverser. On y accède toujours par le train à crémaillère depuis Chamonix. Trente minutes plus tard, à 1 913 mètres d’altitude, la Mer de Glace s’impose. Construit en 1880 et rénové en profondeur en 2017, sans rupture avec son esprit d’origine, il est aujourd’hui exploité par Best Mont Blanc. Le refuge compte 18 chambres et suites, un restaurant panoramique, et cultive une atmosphère délicieusement désuète : boiseries, mémoire des écrivains et alpinistes, et cette sensation rare d’avoir la montagne rien qu’à soi après le dernier train.
A lire aussi – Shopping : la montagne au sommet du cool en 11 objets
Le plus arty : Chalet bibi
Ce refuge de 400 m², proposé à la location, fait partie des Maisons CAB, une collection internationale de résidences imaginée par la Fondation CAB, dédiée à l’art contemporain. De Paris à Knokke, de Saint-Paul-de-Vence à Panarea, chacune de ces maisons accueille des œuvres issues de la collection de la fondation, pensées en dialogue avec leur environnement. À Verbier, ce sont notamment des œuvres d’Alexander Calder (mobiles et sculptures) qui ponctuent les espaces. Le chalet dispose de six chambres et six salles de bain, ainsi que d’équipements bien-être (sauna, jacuzzi, hammam, table de massage). L’intérieur mêle architecture alpine traditionnelle, mobilier design et œuvres contemporaines, sans chercher l’effet décoratif. Plus qu’un chalet d’altitude, Bibi fonctionne comme une résidence artistique habitée, où l’art structure le rapport au paysage autant que l’expérience du séjour.